Retour à la page d'accueil

Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

Parti socialiste vaudois / lausannois

Aller au site du Parti socialiste vaudois

retour à la page d'accueil

Tous les articles écrits
Par thème:

Economie, finance et fiscalité

Egalité et social

Energie et environnement

Formation et recherche

Institutions et Europe

Prévoyance professionnelle

Transports


Campagnes et bilans

Bilans 08-15

Campagne 2007

Bilan 04-07

Campagne 2003

Interventions à la tribune du Conseil National

Motions, initiatives, postulats, interpel.

Portrait

Pourquoi le PS?

Activités 

Profession

Curriculum vitae 

Adresse de contact

 

   

SPress, 7.5.14

Pour ou contre les éoliennes en Suisse? 

Pour Roger Nordmann, Conseiller national Président Swissolar

En décidant de sortir du nucléaire, la Suisse a pris une décision aussi indispensable que difficile. Indispensable, parce que les risques du nucléaire sont insoutenables pour la société en termes de déchets, d'accident, d'extraction de l'uranium etc. Difficile, parce qu'à l'heure actuelle, 40 % de notre courant provient de nos centrales nucléaires. C'est donc une quantité colossale d'électricité qu'il faudra remplacer par les nouvelles énergies renouvelables. Difficile aussi, parce que, dans le même temps, l'impératif climatique demande de réduire drastiquement notre consommation d'énergie fossile, laquelle devient par ailleurs de plus en plus rare. Difficile enfin, parce que la Suisse est un petit pays densément habité et dont la topographie n'est pas simple.

Par chance, la Suisse a trois atouts importants dans cette transition :

 

  1. Par atavisme culturel, les Suissesses et le Suisses adorent l'efficacité. Peu à peu, les efforts d'amélioration de l'efficacité dans l'utilisation de l'électricité, dans la mobilité et dans le bâtiment portent leurs fruits. Par exemple, la consommation électrique semble actuellement se stabiliser malgré une population en augmentation. Cela reflète aussi le fait que depuis cinq ans, des mesures dans ce sens ont été décidées.

  2. Deuxièmement, la Suisse possède des barrages à accumulation qui lui permettent de faire face aux irrégularités momentanées des nouvelles énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien). Elle peut donc stocker de l'électricité. Elle est un des pays qui possède les meilleures prémices pour le passage à un approvisionnement électrique 100 % renouvelable. Mieux encore, lorsqu'ils sont pleins, les barrages représentent un mois et demi de consommation. Ils permettent donc de déplacer des réserves d'électricité de l'été (produit par la fonte des neiges) vers les pics de consommation de l'hiver (chauffage électrique, pompe à chaleur, éclairage).

  3. Troisièmement, la Suisse jouit d'un excellent ensoleillement dû à une météo plutôt favorable, à une altitude relativement élevée et à une position plutôt méridionale en l'Europe. Ainsi, sur les bâtiments et infrastructures existantes, il est possible de produire des quantités d'électricité photovoltaïque équivalente à la production nucléaire actuelle.

 

Forte de ses atouts, la Suisse pourrait-elle dès lors se passer des éoliennes ?  La réponse est clairement non. En Suisse, les éoliennes produisent environ 60 % de leur électricité pour le semestre d'hiver.  Les éoliennes contribuent donc à compenser le déséquilibre saisonnier de la production hydraulique et solaire, plus forte en été. Malgré sa taille considérable, le parc de barrage hydroélectrique ne suffit pas complètement à cet équilibrage* .  Aujourd'hui déjà, nous exportons un surplus d'électricité en été et nous en importons en hiver. Si nous nous contentions de réaliser la transition énergétique avec du solaire, plus facile à mettre en œuvre et mieux accepté, le déséquilibre s'accentuera. Cela signifie qu'en hiver, nous importerons encore plus de courant produit avec du charbon, extrêmement nocif pour l'environnement, et que les substantielles déperditions d'énergie électrique pendant le transport augmenteront. D'autre part, l'électricité est une ressource extrêmement stratégique, qu'il est sage de produire pour l'essentiel à l'intérieur des frontières. La crise ukrainienne rappelle opportunément les inconvénients qu'il y aurait par exemple à se mettre à dépendre pour la production d'électricité des importations de gaz naturel de Russie.

 

Chaque région apporte sa contribution fonction de ses atouts spécifique. Depuis plus d'un siècle, les cantons alpins ont apporté leurs ressources hydroélectriques à la prospérité commune. Plusieurs cantons alpins, dont le Valais et les Grisons, ont décidé de se lancer également dans l'éolien, car ils ont souvent de bonnes possibilités. Aujourd'hui, d'autres régions du pays ont l'occasion de faire de même, comme par exemple Lausanne, qui planifie un excellent projet éolien dans les bois du Jorat, qui couvrira 10% de l'électricité consommée dans la commune. À l'époque où nos ancêtres ont construit les barrages hydroélectriques ou les chemins de fer, ils ont fait preuve de courage entrepreneurial et de sens de l'intérêt commun. Plus d'un siècle après leur mise en place, ces infrastructures nous sont encore utiles. Il faut maintenant poursuivre cette tradition, en trouvant le bon équilibre avec la protection de l'environnement. Pour l'éolien, vu sa visibilité, une planification cantonale cohérente est indispensable. Elle permet de préserver un certain nombre de sites et de grouper les éoliennes sur d'autres. Par contre, si l'on évite les couloirs de migration d'oiseaux protégés et certains biotopes particuliers, les éoliennes n'ont pour ainsi dire aucune nuisance, à ne condition de ne pas être à proximité immédiate des habitations

 

Un paysage sans éoliennes est plus beau qu'un paysage avec éoliennes. Je ne conteste pas cette évidence. Mais en l'état actuel de la technologie, nous avons besoin des éoliennes pour réussir la transition énergétique. Les progrès dans le stockage de l'électricité laissent cependant entrevoir à long terme la perspective d'un système de stockage de longue durée relativement efficace. On pense par exemple à la technologie qui consiste à transformer l'électricité en gaz, à stocker ce gaz puis à le retransformer ultérieurement en électricité ("Power-to-gas"). On pourra stocker le surplus photovoltaïque pour l'hiver (non sans pertes au passage, ce qui exige une production initiale plus importante). Lorsque les technologies de stockage saisonnier auront fait suffisamment de progrès, sans nécessité de submerger de nouvelles vallées alpines, il sera alors possible de démonter les éoliennes sans les remplacer au terme de leur cycle de vie.

 

Et c'est là qu'apparait l'immense avantage des éoliennes : une fois qu'on les a démontées et que l'on a recyclé les matériaux, elles ne laissent pour ainsi dire aucune trace. Contrairement aux déchets nucléaires et au CO2, durablement installés dans l'atmosphère. C'est pour toutes ces raisons que le Parti socialiste soutient le développement de l'éolien en Suisse. Nous avons besoin de toutes les énergies renouvelables et on ne saurait les jouer les unes contres les autres.

 

 

* sur les questions de saisonnalité, lire la petite étude l'étude Nordmann Remund L’évolution des besoins de stockage au fur et à mesure de la sortie du nucléaire, dans l’hypothèse où l’on remplace 70 % du nucléaire par du photovoltaïque (23.10.2012

 

 

 

 

 Listes de tous les
articles publiés
 

 

Contact: Roger Nordmann, Rue de l'Ale 25, 1003 Lausanne,
info@roger-nordmann.ch, tél 021 351 31 05, fax 021 351 35 41

Twitter @NordmannRoger

Retour à la page  d'accueil

18.2.2017