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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

Parti socialiste vaudois / lausannois

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Conférence de presse de l’ATE-VD – 13.8.2012

Projets autoroutiers dans l'agglomération lausanne-Morges: 1960 ou 2060 ?

Roger Nordmann,
Conseiller national, Membre de la Commission des transports et des télécommunications (CTT)
Vice-président de l’ATE Suisse

Le premier grand tronçon autoroutier construit en Suisse relie Lausanne à Genève. Il a été inauguré peu avant l’expo de 1964, ce qui fait qu’on commémorera l’année prochaine les 50 ans de la balafre autoroutière qui a défiguré Morges. Entretemps, le réseau des autoroutes est en passe d’être achevé.

Ces dernières semaines, on a beaucoup entendu parler deuxième tube au Gothard et du dernier tronçon d’autoroute de l’Oberland zurichois, un projet recalé au Tribunal fédéral parce qu’il traverse une zone marécageuse protégée par la Constitution. Mais à plus long terme, les enjeux autoroutiers sont plutôt ailleurs : on discute principalement d’optimisations, d’adaptations et de réfections. Et s’agissant d’optimisation, il y a dans notre canton un enjeu majeur : le nœud autoroutier de l’ouest Lausannois et le contournement de Morges.

Car la situation actuelle est loin d’être optimale, avec un énorme flux de trafic au cœur de l’agglomération Lausanne-Morges. Trouver la bonne solution n’est cependant pas simple. Chargé des autoroutes jusqu’en 2008, le Canton avançait tout en nuance, avec pour principal objectif de libérer Morges du trafic autoroutier, un objectif prioritaire auquel l’ATE adhère pleinement. Depuis que la Confédération a repris intégralement la gestion des autoroutes, la philosophie a malheureusement complètement changé. L’Office fédéral des routes (OFROU) poursuit le projet, mais sur la base d’un raisonnement purement quantitatif. L’OFROU – et à travers lui le Conseil fédéral – propose d’investir prioritairement là où ces investissements permettront la plus forte augmentation du trafic routier. Il propose donc d’investir dans les secteurs saturés aujourd’hui, parmi lesquels le nœud de l’ouest lausannois. En résumé, c’est le retour à la logique quantitative des années 1960.  

(Pour le 2ème tunnel du Gothard, qui est tout sauf surchargé, l’OFROU et le Conseil fédéral suivent une autre logique, voire même à des considérations défiant toute logique.)

Le vice-directeur de l’OFROU me l’a dit clairement : pour lui, pas question de construire un segment d’autoroute en remplacement d’un autre. Il ne souhaite donc pas investir pour pouvoir supprimer la balafre de Morges. La vision de l’OFROU est claire : il s’agit de construire une nouvelle autoroute au nord de Morges en direction de l’échangeur de Villars-Ste-Croix, mais sans déclasser l’autoroute qui traverse Morges. C’est évidement une perspective totalement inacceptable : on ne va pas défigurer la campagne morgienne sans libérer Morges, qui plus est, en augmentant l’afflux de trafic sur le grand Lausanne. Cette vision maximaliste avec deux autoroutes amenant du trafic depuis l’ouest est une véritable fuite en avant. De plus, en pratique, cette proposition se heurtera à une résistance très forte tant des Morgiens que des habitants concernés par le nouveau tracé nord..

Le 31 mai 2012, le Parlement a inscrit la nouvelle autoroute au nord de Morges (liaison directe Aubonne/Morges (ouest)-Villars-ste-Croix) dans le réseau national. Dans ce cadre, lors du débat sur le réseau des route nationales, j’ai tenté d’apporter une précision  décisive, sont la teneur était la suivante:« Après sa réalisation, la liaison Aubonne/Morges (ouest)-Villars-Sainte-Croix remplace l'autoroute actuelle à travers Morges. ». Cette proposition, qui aurait clarifié la finalité du projet, a malheureusement été refusée par 86 voix contre 79. Au demeurant, le débat n’a pas été inutile parce qu’il a démontré la surdité de l’OFROU, mais nous nous courrons un risque très sérieux que la vision maximaliste de l’OFROU se concrétise un jour.

Cette logique de fuite en avant vers toujours plus de capacités autoroutières est absurde, comme le montrent les exemples suivants :

  • L’ouverture de la bande d’arrêt d’urgence entre Morges et Lausanne a conduit à une augmentation de 10% du trafic aux heures de pointe.
  • Cela a pour effet d’aggraver l’engorgement sur le contournement de Lausanne, tant est si bien qu’à la Blécherette, il est maintenant question de construire une nouvelle sortie autoroutière. Comme la ville est saturée, cette nouvelle sortie s’accompagnerait d’un système de « stockage temporaire » des voitures à l’entrée du futur éco-quartier, le temps qu’elles parviennent à entrer en ville.
  • Dans tout l’ouest lausannois, il est question d’ajouter des sorties autoroutières. Si celles-ci permettrontde faire sortir plus vite les voitures de l’autoroute, par exemple à la hauteur de la Venoge ou de Chavannes, la masse de véhicule en circulation dans les quartiers d’habitation et sur les routes locales augmentera massivement.

Face à cette aberration qui conduit à repousser le problème un peu plus loin, l’ATE estime qu’il faut garder la vue d’ensemble, en tenant également compte des développements prévus et souhaitables en matière de transports publics.

Quels devraient être, globalement, les objectifs, à nos yeux ?

  • Premièrement, et encore et toujours, libérer Morges de la balafre autoroutière.
  • Deuxièmement, éviter un accroissement du trafic automobile entrant et sortant de l’agglomération lausannoise et viser plutôt à transférer sur les transports publics une partie des déplacements en provenance et à destinations l’ouest Lausannois, comme le prévoit le PALM.
  • Etendre la réflexion valable pour Morges à l’ouest Lausannois : lorsque  le tronçon Villars-Ste-Croix-Maladière avait été construit, on était quasiment à la campagne. Entretemps, l’ouest lausannois est devenu un tissu urbain, appelé à se densifier encore davantage. Dans ces circonstances, il vaut la peine de réfléchir à une solution qui libèrerait l’ouest lausannois de la charge autoroutière. Ce serait l’occasion de recoudre ce tissu urbain, de revaloriser ces zones et de changer drastiquement les parts modales dans l’ouest Lausannois.

En d’autres termes, il s’agit d’imaginer l’agglomération Lausanne-Morges de 2060. Nous l’imaginons libérée des autoroutes plutôt que submergée de voitures dans une vision digne de 1960. C’est le sens des propositions que va vous présenter à l’instant Valérie Schwaar, secrétaire de l’ATE VD.

 

Le papier de l'ATE VD: Extention du réseau autoroutier dans l’agglomération Lausanne-Morges. Position de l’ATE Vaud

 

 

 

 

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Contact: Roger Nordmann, Rue de l'Ale 25, 1003 Lausanne,
info@roger-nordmann.ch, tél 021 351 31 05, fax 021 351 35 41

Twitter @NordmannRoger

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