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Roger Nordmann

Conseiller national

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 6.9.2011

Dévaluation du franc : bravo la BNS

Avant la décision de la Banque nationale suisse (BNS) prise mardi, la niveau très élevé du franc suisse menaçait non seulement le tourisme et l’industrie d’exportation, mais aussi l’ensemble de l’économie.  Quasiment toutes les branches sont en effet en concurrence directe avec les entreprises de la zone euro: services, construction, agriculture, etc. Si la situation avait perduré, la Suisse aurait subi le cumul de deux effets dramatiques : la suppression de très nombreux emplois et une forte pression à la baisse des salaires.  Le cours du franc suisse n’avait plus rien à voir avec l’économie réelle du pays. Notre monnaie était prise en otage comme valeur refuge.

L’intervention courageuse de la BNS montre qu’il est possible d’imposer une volonté politique aux marchés dans un tel cas.   En offrant autant de  francs suisses que le marché en voudra à 0.83 euro (soit fr. 1.20 pour un euro), la BNS casse brutalement la spéculation. Personne n’achètera du franc à 0,9 euro. Et acheter du franc à 0.83 euro pour le revendre au même prix trois jours ou trois mois plus tard n’est pas très intéressant !  Les marchés n’ont eu d’autre choix de se plier à la décision de la BNS.

On objecte parfois que  la BNS ne pourra pas tenir longtemps. Cette objection serait pertinente s’il fallait faire l’inverse, à savoir éviter une dévaluation du franc en vendant des devises, dont le stock pourrait s’épuiser. Mais, en l’occurrence, pour faire baisser notre monnaie, la BNS doit créer du franc suisse en achetant des euros et du dollar. Et donc augmenter ses réserves de devises.

A fr. 1.20 par euro, notre monnaie est cependant encore surévalué. La BNS a donc raison de viser une dévaluation ultérieure du franc. Et de se réserver cas échéant de répéter la manœuvre si le francs ne s’affaiblit pas.

De soi-disant experts actifs dans la finance nous expliquaient que l’on ne pouvait rien faire contre la force du franc, en raison de la prétendue suprématie des forces du marché. Et que, au pire, une forte récession finirait bien par faire baisser le franc. Ce discours reflète les intérêts particuliers de certains milieux financiers. La banque nationale Suisse (BNS) vient de démontrer avec brio l’incompétence et la corruption de ces experts payés pour intoxiquer les médias.

Une fois que le franc sera encore un peu plus affaibli, il faudra sans doute le coupler définitivement à l’euro. Le Danemark mène avec succès une telle politique depuis la création de la monnaie unique européenne. En ayant lié la couronne danoise à l’euro avec une marge de fluctuation très étroite, ce pays protège son économie contre les risques de change avec l’Europe, qui est aussi son principal partenaire commercial. C’est d’ailleurs l’interprétation faite par l’influente  Frankfurter Allgemeine Zeitung: «La Suisse lie le franc à l’euro », titrait-elle sur le web mardi à midi.

 

 

  

 

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