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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

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8 juin 2011

Discours au Parlement pour la sortie du nucléaire

Monsieur le président, Madame la Conseillère fédérale, chers collègues

En préambule, vous me permettrez de déclarer mes intérêts, puisque je suis président de Swissolar, l'association des entreprises de la branche solaire. 

Notre pays doit faire un choix. En raison de l'âge relativement avancé de nos centrales nucléaires existantes, la dernière d’entre elle devra être arrêtée au plus tard d'ici 20 ans environ. La question se pose donc de savoir comment remplacer la production électrique qu'elles assurent actuellement.

Que l'on choisisse de construire de nouvelles centrales nucléaires, comme le prône l'UDC, ou que l'on décide d'accroître l'efficacité énergétique et de couvrir la consommation entièrement avec des énergies renouvelables, les temps de mise en œuvre seront longs. Il faut donc faire un choix maintenant et adopter les mesures correspondantes.

Chers collègues, ne soyons pas hypocrite : l'indécision, qu'elle prenne la forme d'un moratoire ou une abstention, ne suspend pas l'écoulement du temps. Ne rien décider aujourd'hui, chers collègues du parti libéral-radical, c'est en réalité préparer l’ importation après-demain d'électricité d'origine fossile ou du gaz naturel en grande quantité. Cela menace la sécurité de l’approvisionnement.

Le Conseil fédéral a donc doublement raison. Premièrement, Il a raison de vouloir prendre une décision de principe maintenant, de manière à donner un signal clair à tous les investisseurs privés et publics actifs dans le secteur de l'électricité. Pour la sécurité d'approvisionnement, le flou consistant à dire que l'on aimerait peut-être construire des centrales nucléaires si le peuple le veut bien, mais que l'on aimerait aussi développer l'efficacité et les énergies  renouvelables sans prendre les mesures correspondantes, et bien chers collègues, ce flou est un véritable poison.

Deuxièmement, le Conseil fédéral a raison sur le fond de sa décision. Il y a eu dans le monde 500 centrales nucléaires en exploitation commerciale, et déjà cinq d'entre elles ont fini leur vie par une fusion du cœur. Chers collègues, on ne peut pas miser sur une technologie qui, dans au moins un cas sur 100, a des conséquences si catastrophiques qu'il faudrait, en Suisse, évacuer durablement des centaines de milliers de personnes de leur domicile. Comment prétendre, en outre, que l'on saurait gérer les déchets nucléaires pendant 100 000 ans alors que l’on perd le contrôle d'une vulgaire piscine de refroidissement des barres de combustible usagé ? Il en va bien évidemment de notre responsabilité envers les générations futures. Le plus vite nous quitterons cette technologie, le mieux se sera, et c’est ici la seule critique que je ferai au Conseil fédéral, mais elle est de taille : pourquoi attendre 2034, alors qu’une sortie en 2025 est possible et qu’elle réduirait d’autant le risque de catastrophe en Suisse.

Sur une planète menacée d'un fort réchauffement climatique, miser sur les énergies fossiles pour sortir du nucléaire serait irresponsable - pour le climat - et imprudent - pour la prospérité. Nous savons en effet que les stocks d'énergies fossiles, et en particulier du gaz et du pétrole, ne suffiront au mieux que pour quelques dizaines d'années. C'est donc à l'évidence du côté des gains d'efficacité et des énergies renouvelables qu'il faut se tourner en priorité pour remplacer le nucléaire, comme l'a indiqué le Conseil fédéral.  

C'est vrai, je vous l'accorde, le chemin proposé par le Conseil fédéral n'est pas celui de la facilité et du moindre effort. Il faudra investir de nouvelles technologies et de nouvelles infrastructures. Mais n'est-ce pas là précisément le domaine dans lequel notre pays excelle ? Il y a plus d'un siècle, nos prédécesseurs ont construit les premiers barrages hydroélectriques, et ceux-ci nous rende encore service aujourd'hui , en valorisant la force de l’eau. Il faut maintenant faire de même pour valoriser l'énergie du soleil, du vent, de la biomasse, et du sous-sol, autant d'énergies qui arrivent également gratuitement de notre pays et qui nous mettront à l'abri des vicissitudes de la géopolitique pétrolière. Chers collègues, le passage à un approvisionnement électrique entièrement renouvelable est un défi que notre pays est en mesure de relever. C’est un fabuleux projet porteur de sens, d’emploi et de prospérité.

Je vous prie donc de soutenir les motions Roberto Schmid, socialiste, verte et bourgeoise-démocrate.

  

 

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Contact: Roger Nordmann, Rue de l'Ale 25, 1003 Lausanne,
info@roger-nordmann.ch, tél 021 351 31 05, fax 021 351 35 41

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