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Roger Nordmann

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Article 31 mars 2011 - Le Temps

Forger plutôt que subir la sortie du nucléaire

La Suisse a le choix entre une sortie passive ou une sortie active et maîtrisée du nucléaire, estime le conseiller national socialiste Roger Nordmann. A ses yeux, seul le deuxième scénario est crédible. Il liste les mesures à prendre pour le concrétiser

En matière d’approvisionnement électrique, la Suisse est désormais à la croisée des chemins. Selon toute vraisemblance, le peuple refusera la construction de nouvelles centrales nucléaires en votation populaire. Dans les faits, la Suisse a donc le choix entre une sortie passive ou une sortie active et maîtrisée du nucléaire.

Une sortie passive signifie attendre progressivement que l’on ferme les centrales nucléaires pour raison d’âge, puis importer du courant d’origine fossile en grande quantité. Une variante de la sortie passive consiste à importer du gaz en grande quantité et à le transformer en Suisse en électricité. Ce scénario «passif» comporte trois inconvénients majeurs:

1. On risque de repousser à l’extrême limite l’arrêt des centrales existantes. Or plus ces centrales vieillissent, plus elles deviennent dangereuses. Les pousser au-delà de 40 ans d’exploitation accroît massivement le risque pour l’environnement, la santé, mais aussi pour l’économie. En cas de panne ou d’accident, c’est un pan entier de l’approvisionnement électrique qui s’effondre brutalement. Loin de garantir la sécurité de l’approvisionnement, le nucléaire la menace, comme le montre l’exemple du Japon.

2. Le scénario passif accroît la dépendance aux énergies fossiles, qui s’épuisent et réchauffent le climat. Cela revient à chasser la peste par le choléra.

3. Vu la concurrence de plus en plus forte pour accaparer le solde des réserves fossiles, cette stratégie sera très coûteuse à moyen terme tout en n’étant pas viable à long terme. Ces dépenses élevées auront un impact négatif sur la balance commerciale et ne créeront quasiment pas d’emplois en Suisse.

Une sortie active et maîtrisée du nucléaire exige en revanche de prendre maintenant les décisions pour débloquer le soutien aux énergies renouvelables et pour concrétiser les gains d’efficacité. Pour ne pas retomber dans deux décennies d’indécision et d’inaction, comme ce fut le cas après Tchernobyl, il faut prendre une décision de principe et les mesures correspondantes.

L’adoption d’une loi sur la sortie planifiée et structurée du nucléaire constituera la pierre angulaire de la sortie active du nucléaire. Ce texte devra poser un cadre clair pour tous les services publics et les acteurs du marché. Il prévoira à la fois l’interdiction de nouvelles centrales et la limitation temporelle ou quantitative de l’exploitation des centrales atomiques actuelles.

Du côté des renouvelables, la principale mesure consiste à déplafonner le système de rachat à prix coûtant. S’agissant de la réalisation des gains d’efficacité et de la traque au gaspillage, il faut en revanche une combinaison de mesures:

1. Assigner un objectif d’efficacité aux entreprises de distribution électrique. Actuellement, plus ces entreprises vendent de courant, mieux elles se portent. Un système de bonus-malus devra inverser la logique. Ces entreprises doivent avoir un intérêt à aider les consommateurs à économiser.

2. Instaurer un fonds pour l’efficacité électrique, destiné à soutenir financièrement la modernisation des installations voraces en énergie, en particulier dans l’artisanat, l’industrie et les services. Il s’agit par exemple des pompes, des moteurs, des fours, etc. Ce fonds sera alimenté par un prélèvement d’un centime par KWh sur le courant produit par les centrales nucléaires. Comme celles-ci sont largement amorties, ce prélèvement se fera au détriment de la confortable marge bénéficiaire de leurs exploitants et ne se répercutera pas sur le prix final.

3. Imposer la production d’électricité dans toutes les grosses installations de chauffage, au moyen de couplage chaleur-force. Concrètement, cela signifie que les brûleurs à gaz ou à mazout de plus d’un MW devront mieux valoriser le combustible en produisant simultanément de l’électricité et de la chaleur. Moyennant l’isolation des bâtiments concernés, cela n’augmentera pas la consommation de combustible.

4. Remplacer les chauffages électriques directs et les boilers électriques. En période froide, ces installations absorbent actuellement l’entier de la puissance de Beznau et de Mühleberg. L’utilisation de ces appareils doit être interdite dans la plupart des cas dès 2025. Bien entendu, il faut encourager financièrement les propriétaires à les assainir, grâce au programme d’assainissement des bâtiments.

5. Renforcer les standards d’efficacité pour les appareils électriques, comme le Conseil fédéral l’a proposé.

La faisabilité technique d’une sortie du nucléaire par le développement des renouvelables et l’efficacité est largement établie (Etudes SAFE, SATW, Infras/TNC, Nowak). L’intérêt économique d’une telle stratégie est patent: les investissements initiaux sont certes plus élevés, mais cela se traduit par la création de nombreux emplois et par une baisse de la facture énergétique à moyen et long terme. Les KWh les moins chers sont ceux que l’on économise, et l’on réduit ainsi, structurellement, la facture de gaz, de pétrole et d’uranium. La Suisse saura-t-elle relever le défi?

lien vers la "feuille de route socialiste pour la sortie du nucléaire"

31.03.2011 www.letemps.ch

  

 

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Contact: Roger Nordmann, Rue de l'Ale 25, 1003 Lausanne,
info@roger-nordmann.ch, tél 021 351 31 05, fax 021 351 35 41

Twitter @NordmannRoger

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