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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

Parti socialiste vaudois / lausannois

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Article - 29.11.09

Votation vaudoise sur Mühleberg :

Le peuple ne veut du renouvelable, pas du nucléaire ! 

Le peuple vaudois a largement rejeté la levée de la limitation dans le temps de la centrale nucléaire de Mühleberg (64% de non). Même s’il ne préfigure pas automatiquement le résultat du référendum de 2013 ou 2014 sur la construction de deux ou trois nouvelles centrales nucléaires, ce résultat est fort intéressant à plus d’un titre. Il montre que la seule voie sûre pour assurer l’approvisionnement énergétique du pays consiste à passer aux énergies renouvelables et à accroitre  l’efficacité énergétique.

La propagande massive des pro-nucléaire  n’a manifestement pas impressionné les Vaudoises et les Vaudois. Les exploitants de Mühleberg avaient pourtant injecté Fr. 500'000.- dans la campagne du OUI, alors que le comité du NON n’avait que Fr. 120'000.- à disposition. Face à un tel déséquilibre de moyens, on pouvait craindre le pire. Le résultat limpide montre aussi que le peuple n’a pas envie de l’atome.

Politiquement, ce résultat est d’autant plus significatif que les partisans de Mühleberg ont utilisé leurs moyens de propagande massive pour transformer la votation en un référendum général sur la question du nucléaire (alors que formellement, l’enjeu était une votation consultative sur la centrale actuelle de Mühleberg).

Sans prétendre extrapoler à l’horizon 2013 ou 2014, il est néanmoins intéressant de mettre ce vote en perspective historique, d’autant plus que Vaud est un grand canton (un dixième de la Suisse) : lors des précédentes votations nationales, le peuple vaudois s’était montré à peine plus anti-nucléaire que le peuple suisse. En 1990, le OUI au moratoire nucléaire était même de 0,2% inférieur à la moyenne suisse, alors que cette même année, le peuple vaudois s’était montré 3.8% plus favorable à une sortie du nucléaire. En 2003, l’écart vaudois à la moyenne était tombé à 2,7%. Ainsi, dans mon canton, le camps antinuclélaire a au moins gagné 10% depuis les précédentes votations. Cette progression s’explique principalement par les progrès concrets des énergies renouvelables. La population perçoit non seulement que le nucléaire est dangereux, mais aussi qu’il existe désormais des alternatives valables pour s’en passer.

Les partisans du nucléaire auront de la peine à convaincre la population de se ranger à un cours pro-nucléaire. Le peuple ne se laisse manifestement pas acheter par de la propagande massive. Cette appréciation est corroborée par le fait que le peuple a soutenu les investissements dans les énergies renouvelables partout où il a eu à se prononcer, comme par exemple récement à Zürich.

Sur le plan politique et matériel, les conséquences à en tirer sont claires : pour garantir la sécurité d’approvisionnement de la Suisse, la seule voie praticable consiste à développer massivement les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Miser sur l’atome comporterait non seulement un risque pour la population et l’environnement, mais aussi un risque politique, car le peuple pourrait bien rejeter la construction d’une nouvelle centrale nucléaire. Les milieux politiques inféodés à l’atome feraient bien d’y songer et de ne plus menacer la sécurité de l’approvisionnement en combattant les renouvelables. Pas plus tard qu’au début de la session de décembre du Conseil national, les pronucléaires sont parvenu à serrer le frein. Alors que le PS, suivi par la majorité de la Commission, proposait de doubler le soutien aux énergies renouvelables, une majorité radicale et UDC est parvenu à réduire de moitié la hausse prévue.

Cette politique des petits pas est insuffisante. Il faut maintenant passer à la vitesse supérieure. C’est le sens de initiative «De nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables» , que le PS va lancer ce printemps. Alors à vos stylos.

 

Tableau de comparaison entre le score vaudois et suisse.

 

Oui CH

Oui VD

Diff. CH VD

2003

Initiative populaire 'Moratoire-plus - Pour la prolongation du moratoire dans la construction de centrales nucléaires et la limitation du risque nucléaire (Moratoire-plus)'

41,6%

44,3%

2,7%

1990

Initiative populaire 'pour un abandon progressif de l'énergie atomique'

47.1%

50.9%

3,8%

1990

Initiative populaire 'Halte à la construction de centrales nucléaires (moratoire)'

54.3%

54.5%

-0.2%

 

 

29.11.09

 

 

  

 

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Contact: Roger Nordmann, Rue de l'Ale 25, 1003 Lausanne,
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Twitter @NordmannRoger

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