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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

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Article - 1.5.09

Allons-nous passer à côté de la révolution industrielle verte?

Roger Nordmann et Yves Christen, respectivement conseiller national et président de Swissolar, plaident pour le déplafonnement du dispositif de rachat du courant photovoltaïque

Les pays européens et les Etats-Unis adoptent des programmes de promotion industrielle à tour de bras, particulièrement dans le domaine des énergies renouvelables. Il s’agit de combattre la récession et le chômage tout en assainissant leur production énergétique. En Suisse, les énergies renouvelables doivent en revanche encore lutter contre un plafonnement rigide de la rétribution de l’injection de courant à prix coûtant (RPC). Lever cette limitation permettrait de créer 5000 emplois.

Alors qu’en Suisse le solaire est freiné brutalement, l’Allemagne connaît un boom. Outre-Rhin, la puissance installée est de 60 watts photovoltaïques par habitant, contre à peine 6 chez nous. Depuis l’introduction d’une RPC non plafonnée, la production de courant solaire y est passée de 32 millions à 4,7 milliards de kWh, 150 fois plus! Et le boom solaire n’a coûté en 2008 que 1,50 franc par mois et par ménage.

L’impact économique du photovoltaïque est considérable: ces trois dernières années, le nombre d’emplois dans le secteur a doublé, pour atteindre 57 000. Et les investissements dans le photovoltaïque sont passés de CHF 12 milliards à CHF 17 milliards. D’ici à 2020, la branche pronostique le passage à près de 40 milliards de kWh de courant solaire, ce qui représente, à titre d’illustration, deux tiers de la consommation suisse actuelle. Pour l’ensemble de l’électricité renouvelable, le gouvernement allemand prévoit un doublement de 2007 à 2020, permettant à cette date de couvrir presque un tiers de la consommation totale. Les emplois dans le domaine des énergies renouvelables devraient suivre et passer de 250 000 à 400 000, soit autant que le secteur automobile avant la crise.

Dans notre pays, la construction de milliers d’installations de production de courant de sources renouvelables est bloquée à cause du plafonnement dans la législation en vigueur. Or les investisseurs sont dans les starting-blocks. Un déplafonnement de la RPC déclencherait immédiatement un boom d’investissement bienvenu pour contrer la récession.

Le cas du photovoltaïque est emblématique: au début des années 1990, la Suisse était une pionnière de l’énergie solaire; aujourd’hui, elle est à la traîne. Si le secteur existe encore, c’est uniquement grâce aux exportations. En 2008, ce secteur a réalisé un chiffre d’affaires de près de CHF 1,5 milliard et occupé plusieurs milliers de personnes. Il profite des programmes de promotion à l’étranger, où le savoir-faire, l’innovation et la qualité suisses sont très demandés. En revanche, le marché intérieur suisse est microscopique, en raison des freins politiques.

La volonté d’investir en Suisse est pourtant clairement documentée: les investisseurs ont inscrit 3300 installations photovoltaïques dans la file d’attente de la RPC. Ces investissements ne sont autorisés qu’au compte-gouttes en raison du plafonnement financier du soutien. Cela se paie cash, sous la forme du blocage d’investissements pour environ CHF 800 millions dans les installations photovoltaïques.

Revenir dans le peloton de tête n’est qu’une question de volonté politique. Il est donc nécessaire que la Suisse déplafonne sa RPC. C’est d’autant plus important que beaucoup de PME actives dans la production de courant renouvelable commencent à souffrir de la crise. Si les conditions politiques déclenchent des investissements au lieu de les bloquer, toute la Suisse en bénéficiera.

Pour poursuivre l’innovation technologique, il faut un marché domestique fort permettant le développement et la commercialisation de nouveaux produits. La Suisse en est loin, surtout dans le domaine du photovoltaïque.

Les nombreuses entreprises et institutions scientifiques suisses actives dans les technologies solaires jouissent d’une excellente réputation internationale. Le pool de compétence autour de l’EPFL, de l’Université de Neuchâtel et de leurs spin-off industrielles en est un exemple remarquable. Nous avons la chance d’avoir le projet Solar Impulse de Bertrand Piccard, de portée mondiale. Nos entreprises et nos chercheurs, en partie encore très jeunes, pourraient s’y épanouir. Il y a une opportunité de relier les programmes de relance à une politique industrielle porteuse d’avenir. La concurrence pour un nouvel ordre industriel d’après-crise a déjà commencé, et la Suisse doit y participer.

Le déplafonnement de la RPC y contribuerait concrètement. Cela permettrait d’atteindre environ 150 mégawatts de puissance installés chaque année au lieu de seulement 5 à 10 aujourd’hui. Et déclencherait un volume d’investissement annuel de CHF 1,2 milliard par an, dont au moins la moitié resterait en Suisse et créerait 5000 places de travail!

 

Le Temps,  1.5.09

 

 

  

 

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Contact: Roger Nordmann, Rue de l'Ale 25, 1003 Lausanne,
info@roger-nordmann.ch, tél 021 351 31 05, fax 021 351 35 41

Twitter @NordmannRoger

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18.2.2017