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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

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Article www.pssuisse.ch 19 décembre 2008

Fusion EOS-Atel

La création d’un méga-dinausaure est-elle dans l’intérêt général ?

Création d’un nouveau pôle, présence et expansion internationale, leadership sur le marché. Le discours n’est pas sans rappeler celui tenu il y a 10 ans lors de la fusion entre l’ancienne UBS et la SBS. Avec le recul, le bilan est maigrichon, au propre comme au figuré. Comparaison n’est pas raison, mais la fusion Atel -EOS sous la haute main d’EDF devrait être examinée de manière très critique.

Sous l’angle de la concurrence d’abord. Le commerce de gros de l’énergie électrique est depuis longtemps un marché très cartellisé entre producteurs et distributeurs. Le 1er janvier, les gros clients finaux pourront aussi y participer. Et qu’observent les chauds partisans de la libéralisation ? Que le marché ne fonctionne pas parce que les entreprises électriques ne font pas d’offres intéressantes aux industriels qui tentent leur aventure sur le marché. Autrement dit ,  c'est un cartel bétonné. Assurément, en créant une méga - entreprise qui contrôle 1/3 du marché suisse, la concurrence ne va pas fonctionner mieux. Face aux autorités de la concurrence, EOS-Atel   argumentera probablement sur le fait que le marché à considérer est européen. Cette argument pourrait être recevable si ce n’étaient pas justement ces entreprises, détentrice directement et indirectement  des lignes à hautes tensions, qui isolaient le marché suisse en réservant leurs lignes à haute tension transfrontalières pour le lucratif commerce d’énergie de pointe. Il y a une évidente contradiction dans leur discours. J’attends des autorités de la concurrence un examen serré.

Sous l’angle des technologie ensuite. EOS était une entreprise possédant un remarquable parc hydroélectrique, alors qu’ATEL est lourdement impliquée dans le charbon et le nucléaire. Au moment où les nouvelles énergies renouvelables prennent un envol mondial, la focalisation sur les technologies centralisées et polluante est complètement dépassée.  Or le nouveau géant sera dirigée par M. Leonardi, qui n’a que le nucléaire en tête. Même son actionnaire EDF est plus ouvert aux nouvelles énergies renouvelables, sous l’impulsion du ministre d’Etat Jean-Louis Borloo.  

Sous l’angle du service public. Historiquement, EOS a été créée pour fournir les distributeurs romands en électricité, et partant les ménages et l’industrie, à des conditions avantageuses. Or depuis plusieurs années, EOS considère que son objectif est de faire un maximum de bénéfice et de le thésauriser. Au lieu de vendre le courant produit au prix coûtant grâce à des installations amorties, EOS fournit ses clients-actionnaires (c'est-à-dire les SIG, Lausanne, groupe E etc) au prix du marché. Cela lui permet de faire une marge pharaonique sur le dos des clients finaux. Plutôt que saisir la fuite en avant, les collectivités publiques cantonales et communales qui possèdent, directement ou indirectement, EOS ne devraient-elles pas viser un retour vers le service public ? Lequel peut aujourd’hui se définir par le doublon «fourniture au prix coûtant » et « investissement dans les nouvelles énergies renouvelables ».

Sous l’angle de la gouvernance d’entreprise enfin ? Est-il bien sage de créer un dinosaure international à tendance oligopolistique expansive ? Son actionnariat éclaté et indirect sera-t-il en mesure de donner les bonnes impulsions stratégiques ? Ne court-on pas le risque d’une bureaucratie hydrocéphale ne poursuivant que ses propres intérêts ? Bien qu’anecdotique, la fixation des salaires des dirigeants constituera un premier indice.

Par des mariages arrangés, les barons de l’électricités tentent de devenir grands ducs. Je crains qu’à la veille d’une révolution énergétique mondiale, ils ne soient en train de négocier leurs dernières brioches sur le dos de l’intérêt général.

www.pssuisse.ch 19 décembre 2008

 

 

  

 

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