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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

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Article Le Temps 15.4.2008

L’initiative contre les naturalisations, symbole de la logique d’exclusion qui hante l’UDC

Le 1er juin, le peuple et les cantons sont appelés à se prononcer sur une initiative UDC dite «pour des naturalisations démocratiques». Cette initiative mérite non seulement d'être combattue pour son contenu, mais elle constitue un révélateur de la logique d'exclusion qui hante l'UDC à tous les niveaux.

Concrètement, ce texte rétablit la possibilité pour le peuple de se prononcer par un référendum communal sur chaque dossier individuel de demande de naturalisation. Cette décision ne serait plus susceptible de recours, même en cas de violation grossière de la procédure, par exemple du droit d'être entendu.

Cette initiative réagit à un jugement du Tribunal fédéral, qui stipule que tout refus de naturalisation doit faire l'objet d'une motivation écrite, la personne concernée ayant le droit de connaître les motifs du refus. En pratique, ce jugement du Tribunal fédéral conduit à faire prendre la décision communale de naturalisation par un organe à même de fournir une motivation écrite à la décision de refus. Il peut s'agir de l'exécutif, du parlement communal ou d'une commission ad hoc, mais pas du peuple.

Vu de Suisse romande, où il ne vient guère à l'idée d'organiser un référendum sur des dossiers de personnes, ces discussions paraissent un peu abstraites. Mais, dans de nombreuses communes alémaniques, cette procédure de naturalisation par les urnes a produit des résultats de nature raciste: des personnes avec un nom à consonance d'ex-Yougoslavie, par exemple, se sont vu systématiquement refuser la naturalisation, indépendamment de toute considération objective sur le degré d'intégration. C'est à cet arbitraire que le Tribunal fédéral a décidé à juste titre de mettre le holà.

Le contenu de cette initiative xénophobe est nuisible: il s'agit de rétablir une procédure qui ne respecte pas les droits fondamentaux. Cette opération ne comporte aucun avantage, mais rend encore plus difficile l'intégration définitive d'étrangers qui souvent vivent en Suisse depuis longtemps, lorsqu'ils n'y sont pas nés. Si une décision s'impose, ce serait au contraire de simplifier des procédures de naturalisation souvent tortueuses.

Mais il faut aussi replacer cette initiative dans une perspective plus large, car elle illustre parfaitement la logique d'exclusion qui sous-tend toute l'action de l'UDC. Il s'agit d'une sorte de gangrène qui décompose pour l'instant le corps social en quatre paliers successifs.

Premier palier: exclure les étrangers et établir un rapport conflictuel avec l'étranger. L'identité nationale se voit exaltée par la volonté de rejeter toute différence. Sur ce plan, l'UDC a fortement contribué à isoler la Suisse en Europe et à faire monter le sentiment xénophobe.

Deuxième palier: définir des catégories de population à exclure, en les désignant à la vindicte. Sans surprise, cela commence par des attaques sur les groupes de population les plus faibles: c'est la figure du chômeur, du malade chronique, du rentier AI, du jeune, qui est vilipendée. Au vu des circonstances, l'UDC adapte son choix du bouc émissaire.

Troisième palier: qualifier l'adversaire politique de traître aux intérêts nationaux. Tous ceux qui ne pensent pas comme l'UDC sont rangés dans la catégorie dépréciative de «classe politique» et deviennent ainsi des «mauvais Suisses».

Quatrième palier: la gangrène est en train d'atteindre l'UDC elle-même en tant que parti politique. Après avoir harcelé Samuel Schmid et exclu des commissions deux conseillers nationaux grisons jugés «déviants», l'UDC mène une campagne musclée pour exclure Eveline Widmer-Schlumpf du gouvernement suisse et du parti. La prochaine étape de cette gangrène excluante est déjà annoncée: s'amputer de sa section grisonne, jugée «impure».

On notera au passage que le motif invoqué pour exclure Mme Widmer-Schlumpf du Conseil fédéral n'est plus l'intérêt du pays, mais l'intérêt de l'UDC en tant que parti. Ce détail est révélateur du fait que l'UDC se prend désormais pour le pays.

En additionnant ces quatre degrés d'exclusion, l'UDC commence à menacer sérieusement l'essence même de notre pays: la Suisse est faite d'identités multiples, qui se sont lentement coalisées au fil des siècles pour construire un Etat. Son système politique repose fondamentalement sur l'acceptation de la diversité et sur la tolérance. La Suisse ne s'est pas construite sur le concept d'épuration, mais sur celui d'interconnexion économique et culturelle à l'intérieur et vers l'extérieur. Autant dire que la logique d'exclusion et d'épuration de l'UDC est profondément anti-Suisse.

Le temps est venu de tirer fermement le frein à main et de stopper cette dérive. Notre pays a d'autant plus besoin de cohésion, d'intégration et d'ouverture qu'il traverse une passe difficile sur le plan international, notamment en raison des déboires de UBS et des tensions en matière fiscale avec l'Union européenne. La votation du 1er juin donne l'occasion de casser cette logique en refusant une initiative xénophobe. Notre cohésion et notre image ont tout à y gagner.

 

 

 

  

 

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Contact: Roger Nordmann, Rue de l'Ale 25, 1003 Lausanne,
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