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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

Parti socialiste vaudois / lausannois

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Discours à l'occasion du 8 mars 2008, journée de la femme.

Chers Camarades,

Le 8 mars, ce n’est pas seulement la journée de la femme, mais c’est aussi l’anniversaire de ma mère, Ursula, qui fête aujourd’hui ses 65 ans, et, je crois qu’on peut le dire, au moins 60 ans d’engagement féministe. En 60 ans, un bout de chemin a été parcouru, et notre canton peut se targuer d’être un des pionniers : comme vaudois, c’est avec fierté que je rappelle que ma mère, qui a suivi ses écoles à Zürich, n’a pu voter pour la première fois que le jour où elle s’est établie dans le canton de Vaud.

Cette fierté est cependant toute relative, lorsqu’on sait que les Finlandaise ont pu voter dès 1906, et les Allemandes dès 1919. Ou encore que le Canton de Vaud, en matière de suffrage féminin, n’a eu que 4 ans d’avance sur l’Iran et l’Afghanistan.

Si la question du suffrage est résolue, il reste en revanche de très nombreux chantiers ouverts : Par exemple l’ Egalité des salaires, l’accession aux responsabilités, le partage du pouvoir, tant dans les entreprises que dans le vie politique.

A cela s’ajoutent les questions liées aux enfants, dont j’aimerai vous parler plus particulièrement aujourd’hui. L’arrivée des enfants dans un couple est en effet un puissant révélateurs des inégalités qui subsistent. Ce qui explique d’avant d’avoir des  enfants, les jeunes adultes ne ressentent souvent pas cette question comme centrale, et qu’ensuite, ils changent rapidement d’avis.

Pour la surmonter, la politique a beaoucoup à faire : structures d’accueil, partage équitable des tâches familiales, allocations familiales, fiscalité, harmonisation des horaires scolaires, autant d’instruments qui doivent impérativement être développés, pour permettre une véritable égalité des chances entre hommes et femmes, ainsi qu’une vie équilibrée pour les couples et les enfants.

C’est dans ce contexte que s’est inscrite ma motion en faveur d’un congé paternité, adoptée par le conseil national en mars 2007, mais rejetée par les Etats en décembre. Décharger la jeune mère, même de quelques semaines, au moment où elle s’apprête à effectuer son retour à la vie professionnelle, constitue une mesure non négligeable d’une politique économique et sociale tournée vers l’égalité.

Pour autant, le congé paternité dépasse le cadre strict d’une aide technique et financière. A mes yeux, il s’agit de permettre au néo-papa de mettre d’emblée le pied à l’étrier.  Pour paraphraser un célèbre psychologue américain qui s’exprimait sur le développement des jeunes enfants, on pourrait dire, au sujet des jeunes pères, que «  tout se joue avant six mois ». Le congé paternité doit aussi inspirer confiance à la néo-maman au moment de reprendre son travail : « oui, le père de mes enfants s’en occupe aussi bien que moi lorsque je suis au travail».   

Naturellement, cette fonction d’équilibrage des responsabilités au sein du couple est complétée par les aspirations affectives légitimes des jeunes pères, qui souhaitent rester proches de leurs enfants. Sans compter qu’une naissance est une phase très exigeante : on est pas trop de deux pour y faire face, d’autant plus que le sommeil est souvent  mis à rude épreuve. 

On le voit, l’idée n’est nullement de fabriquer des « superparents », qui travaillent à 100% et délèguent complètement la garde de leurs enfants. Au contraire, le congé paternité, mais aussi l’ensemble des dispositifs de soutien aux familles, visent à permettre aux mères et aux pères d’exercer une activité professionnelle à l’extérieur du foyer, tout en partageant une vie aussi harmonieuse que possible avec leurs enfants.

Les jeunes ont en effet besoin de la présence de leur mère et de leur père, ne serait-ce que pour structurer leur emploi du temps et assimiler les règles de la vie en société. Par conséquent, la politique familiale doit contribuer à éviter de tomber automatiquement dans une répartition du travail salarié de type 120% pour l’un et 0% pour l’autre.

Malheureusement, c’est ce qui arrive encore souvent lorsqu’il est impossible  de trouver une place en crèche, lorsque les trois enfants commencent  l’école à des horaires différents ou lorsqu’ils ne peuvent pas manger à l’école à midi.  A  mon sens, des taux d’activité entre 60% et 80% pour chacun des parents constituent  l’optimum pour les parents de jeunes enfants. Cela suppose, bien  entendu, que les employeurs offrent, pour les hommes également, des  postes à temps partiel. Et que le niveau des salaires les plus bas  soit suffisant pour permettre aux familles de vivre décemment, avec un  taux d’occupation cumulé de l’ordre de 150%. 

Au-delà de ces éléments, le congé paternité relève d’une vision de société. Cette vision rejette les clichés selon lesquels l’homme viendrait de Mars et la  femme de Vénus, et les rôles de chacune et chacun seraient déterminés par des mécanismes psychologiques incontournables. Cette vision, notre vision, postule des personnes humaines semblables, aptes aux mêmes tâches, disposant des mêmes droits, dont les individualités constituent une richesse.

Chers Camarades,

Dès son origine, la gauche a eu pour vocation d’émanciper les êtres humains des chaînes qui les entravent ou les humilient. Le féminisme, dont ce 8 mars est un symbole, est l’un des leviers centraux de cette émancipation. En plus des progrès sociaux évoqués, il nous donne la possibilité de nous libérer des images et des rôles auxquelles la société voudrait tant nous restreindre. En clair, il contribue à nous permettre d’être non pas le guerrier ou la ménagère que des siècles de conditionnement nous recommandent de rester, mais la personne originale, libre de ses choix, que nous souhaitons devenir.

Enfin, le féminisme est une manière de faire de la politique dont le parti socialiste doit s’inspirer pour d’autres domaines. Car la politique ne s’arrête pas aux lois, aux budget et aux institutions. Le PS doit à nouveau oser dire qu’il veut une société fondée sur le respect, l’égalité et la dignité de chacun, et dire que ces aspirations ne se limitent pas à l’Etat et à l’économie, mais valent aussi pour l’ensemble des aspects de la vie en société, y compris et en particulier pour le couple et la famille.

 

8.3.08

 

 

  

 

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