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Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

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Article 24 Heures, 6 novembre 02

A La Poste, on bafoue l'efficacité et la démocratie

La Poste présente un projet drastique de restructuration du tri du courrier, censé lui permettre de faire face à la libéralisation. Il faut d'abord se demander si la réorganisation est vraiment efficace au plan de la gestion. Mais il faut ensuite élargir le débat et se demander si la libéralisation est vraiment un choix politique pertinent.

La Poste court le risque de surinvestir massivement dans un système ultracentralisé, et donc vulnérable, par exemple en cas d'incendie ou d'interruption des axes de transport. De plus, il est douteux qu'une lettre postée à 18 heures à Brigue puisse arriver à Sierre à 7 heures le lendemain matin en transitant par Zurich ou Fribourg. L'option d'un renouvellement progressif avec machines à tri modernes, mais décentrées et en réseau, paraît plus convaincante. A cela s'ajoute le fait qu'en annonçant cinq ans à l'avance des licenciements massifs, M. Gygi ruine la motivation de ses collaborateurs. Or la motivation est le facteur central pour le succès de n'importe quelle entreprise.

Pour justifier son projet de centralisation, M. Gygi se réfère au destin de feu Swissair. L'analogie est en effet frappante: on se rappelle la brillante décision de rapatrier les vols intercontinentaux à Zurich et d'investir massivement dans un aéroport «Unique» aujourd'hui en quasi-faillite.

Si l'on considère l'efficacité écologique et sociale, le plan Gygi II est franchement calamiteux: les transports en camion augmentent massivement. De plus, le licenciement de plusieurs milliers de personnes peu qualifiées est un traumatisme qui ne fait pas économiser un centime à la Confédération. En effet, ces gens se retrouveront à la charge de l'assurance chômage.

Pratiquée par l'Union européenne, cette libéralisation est-elle obligatoire? Non. Tant que la Suisse n'est pas membre, il n'y a pas d'obligation de suivre l'UE alors qu'elle s'égare, ni en l'occurrence de faire du zèle. J'observe que le Conseil fédéral ne reprend de l'Europe que ce qui l'arrange (les libéralisations) en rejetant ce qui ne sert pas les gnomes de la Bahnhofstrasse. Comme par exemple la protection contre les licenciements, l'obligation de plans sociaux ou la lutte contre la fraude fiscale.

La libéralisation du courrier, et donc l'entrée de nouveaux concurrents, permet-elle d'augmenter l'efficacité et de baisser les tarifs? Le secteur des paquets de plus de 2 kilos, déjà libéralisé, démontre l'absurdité de ce raisonnement: chaque matin, plusieurs sociétés (La Poste, UPS, DHL, Deutsche Post, etc.) font de longues tournées avec des camionnettes rutilantes à moitié vides. A part générer de la pollution et de la publicité, cette nouvelle organisation a rendu l'envoi de paquets franchement cher. Les licenciés de chez Veillon en savent quelque chose.

Ce renchérissement s'explique aisément, car la superposition de quatre ou cinq réseaux concurrents génère des coûts globaux inutilement élevés. Un réseau unique, équipé de manière moderne, serait indéniablement plus efficace. De plus, les prix incluent désormais un montant destiné à rémunérer des actionnaires. Pour modérer cette hausse des coûts, les concurrents dégradent les conditions salariales. Il apparaît de plus en plus clairement que la libéralisation à tout crin n'est qu'une dérive idéologique à stopper au plus vite.

Le peuple l'a senti, en refusant de la libéralisation de l'électricité. Hélas, pour contourner la démocratie, le Conseil fédéral a choisi pour la libéralisation de La Poste une procédure spéciale excluant le référendum. Cela n'étonne guère de la part d'un Moritz Leuenberger hautain au point de ne rester au congrès annuel du PS que le temps de son propre discours, sans consacrer ne serait-ce que trois minutes à écouter ce que pourraient lui dire les membres du parti.

Dans ces circonstances, le simple citoyen doit compter sur le bon sens des sénateurs pour remettre en question les décisions du Conseil national. Privés de droits démocratiques, il ne nous reste donc plus qu'à écrire à nos conseillers et conseillères aux Etats pour les ébranler.

Mais il est aussi permis de soutenir une grève nationale des postiers avant les fêtes de Noël et de ne pas réélire n'importe qui en 2003.

24 Heures, 6 novembre 02

 

 

  

 

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23.3.2017