Retour à la page d'accueil

Roger Nordmann

Conseiller national, Président du Groupe socialiste du Parlement

Parti socialiste vaudois / lausannois

Aller au site du Parti socialiste vaudois

retour à la page d'accueil

Tous les articles écrits
Par thème:

Economie, finance et fiscalité

Egalité et social

Energie et environnement

Formation et recherche

Institutions et Europe

Prévoyance professionnelle

Transports


Campagnes et bilans

Bilans 08-15

Campagne 2007

Bilan 04-07

Campagne 2003

Interventions à la tribune du Conseil National

Motions, initiatives, postulats, interpel.

Portrait

Pourquoi le PS?

Activités 

Profession

Curriculum vitae 

Adresse de contact

 

   

Article Domaine Public, 22 juin 2001

Edito: Comment l'UDC piège la gauche

Par Roger Nordmann, 22 juin 2001

Les agissements de Jean Fattebert, vice-président de l'UDC suisse devraient logiquement entamer la crédibilité de ce parti: on ne peut à la fois lutter politiquement contre l’immigration et embaucher des clandestins. Or il n’en est rien: Jean Fattebert joue à l’échelon broyard ce qu’EMS-chemie pratique à l’échelle mondiale, à savoir combiner l’ouverture économique la plus cynique avec la fermeture politique la plus obtuse.

L’UDC a érigé la contradiction en machine électorale. En matière d’AVS, elle prétend défendre les modestes retraités, mais appuie les efforts de démantèlement de l’AVS. En politique économique, elle préconise un libéralisme pur et dur: désengagement de l’Etat, libéralisation à tous crins et stimulation par la concurrence. Mais dans la pratique, le chef de son groupe parlementaire, Walter Frey, s’assure de juteux contrat d’importation exclusive. En matière agricole, l’UDC maintient la protection étatique classique. De manière générale, elle s’oppose volontiers à un désengagement de l’Etat lorsque sa clientèle n’y a pas intérêt. C’est ainsi que les petits entrepreneurs et artisans, traditionnellement proches de l’UDC, craignent de devenir les dindons de la privatisation des banques cantonales ou des dispositions concurrentielles sur les marchés publics. La photo de la démocrate du centre Brigitta Gadient remettant au Conseil fédéral une pétition contre la suppression des bureaux de la Poste dans les Grisons est révélatrice de cet attachement opportuniste à l’Etat protecteur.

Vieille technique du marketing commercial, la pratique permanente du grand écart réussit bien à l’UDC. Elle lui permet de séduire une partie de l’électorat de gauche. Comme l’UDC n’est que l’une des composantes de la majorité bourgeoise, sa responsabilité dans la dégradation de la situation des personnes modestes et des régions périphériques n’apparaît jamais de manière limpide.

Pour la gauche et le PS, la riposte ne s’avère pas facile. La seule dénonciation intellectuelle de cette attitude malhonnête n’est pas efficace. Les socialistes se doivent d’éviter un double écueil. S’ils privilégient la défense des intérêts de la classe moyenne et urbaine, ils abandonnent les couches modestes aux nationalistes cyniques. S’ils singent le populisme de leurs adversaires, ils peuvent engranger quelques victoires. Mais en flattant le sentiment conservateur et nationaliste de la population, la gauche perdra du crédit auprès de son électorat modéré, attaché tout à la fois au progrès écologique et social et à l’ouverture politique et culturelle. A cet égard, la victoire de la gauche zurichoise contre la privatisation des entreprises électriques cantonales n’est pas exempte d’ambiguïté.

Domaine Public, 22 juin 2001

 

 

  

 

 Listes de tous les
articles publiés
 

 

Contact: Roger Nordmann, Rue de l'Ale 25, 1003 Lausanne,
info@roger-nordmann.ch, tél 021 351 31 05, fax 021 351 35 41

Twitter @NordmannRoger

Retour à la page  d'accueil

23.3.2017